Covid-19 : le bilan s’aggrave, nouvelles mesures pour contenir la pandémie et soutenir l’économie

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Le bilan du nouveau coronavirus (covid-19) ne cesse de s’alourdir notamment en Europe, déclarée comme le nouvel épicentre de la maladie, dépassant les 6.000 morts à travers le monde, alors que les gouvernements de la planète ont multiplié les mesures pour tenter de juguler cette pandémie et empêcher une récession.

Selon un dernier bilan de l’Organisation mondiale de santé (OMS), plus de 168.250 cas d’infection liés au Covid-19 et 6.501 morts sont dénombrés dans 142 pays. L’Italie, le pays le plus touché en Europe, a enregistré 368 nouveaux décès liés au coronavirus en 24 heures, un record, ce qui porte le nombre total des morts à 1.809 pour 24.747 cas.

L’Italie est donc le deuxième pays le plus touché par le nouveau coronavirus après la Chine, où le Covid-19 est apparu en décembre dernier tuant jusque-là 3.213 personnes et affectant 80.860 autres.

L’Iran avec 724 morts (13.938 cas), l’Espagne avec 183 morts (5.753 cas) et la France avec 127 morts (5.423 cas), sont les trois autres pays durement frappés par cette maladie pour laquelle aucun traitement n’a été découvert pour l’heure. En Algérie, six nouveaux cas confirmés du coronavirus ont été enregistrés dimanche, portant à 54 le nombre de personnes infectées par le Covid-19, dont quatre décès, a annoncé le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière dans un communiqué.

Les mesures de prévention renforcées à travers le monde
Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a annoncé qu’un dispositif a été mis en place notamment dans les zones sensibles (Blida et Boufarik) pour cerner ce virus. «Nous avons été, comme le monde entier surpris par cette pandémie, et nous essayons avec les compétences et les ressources humaines que nous avons et le matériel dont nous disposons d’y faire face.

En une semaine, nous avons importé plusieurs millions de dollars de matériels, de caméras thermiques, de kits, de gans pour pallier les insuffisances que nous avions au début», a-t-il indiqué dimanche à la chaine III de la Radio nationale.

Ailleurs dans le monde, des mesures drastiques ont été prises pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus surtout après que l’OMS a prévenu lundi que plusieurs pays «sont actuellement aux premiers stades de la pandémie».

L’Espagne par exemple, a décidé une quarantaine quasi-totale et décrété l’état d’alerte pour quinze jours. La France, au stade 3 de l’épidémie (circulation active du virus sur l’ensemble du territoire), a fermé ses restaurants, bars, discothèques, musées et cinémas. Ecoles, universités et tribunaux seront clos dès lundi.

Devant la progression inexorable de la pandémie, fermetures, restrictions de déplacements et annulations d’événements politiques, économiques culturels ou sportifs continuaient d’être annoncées en cascade à travers la planète. Sur le plan économique, les principales banques centrales mondiales (Fed, BCE, banques centrales du Japon, du Royaume-Uni, du Canada et de Suisse) ont lancé dimanche une action concertée visant à augmenter l’approvisionnement des marchés financiers en liquidités.

La Réserve fédérale américaine a aussi abaissé ses taux de 1 point pour rassurer les marchés. De son côté, l’Union européenne anticipe une récession sur 2020, a indiqué lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton sur BFM Business, sans la chiffrer mais en prévoyant un impact global de la crise du coronavirus sur la croissance européenne «de 2 à 2,5%».

«Avant la crise, on était aux alentours de 1,4%» de prévision de croissance «sur l’ensemble du continent. On pense qu’on va avoir un impact entre 2 et 2,5%» sur cette croissance, a-t-il dit sur BFM Business. Dans ce contexte, le secrét
aire général de l’ONU Antonio Guterres a exhorté les gouvernements du monde à travailler ensemble pour empêcher l’économie mondiale d’entrer en récession en raison de la propagation du nouveau coronavirus.

«Outre le fait qu’il provoque une crise de santé publique, le virus infecte également l’économie mondiale», a écrit dimanche M. Guterres dans une tribune du quotidien portugais Publico.

La propagation du virus a perturbé les chaînes d’approvisionnement et provoqué la chute de l’investissement et de la consommation, conduisant à un «risque réel et croissant de récession mondiale», a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste portugais. Et d’avertir qu’»aucun pays ne peut y faire face seul.

Plus que jamais, les gouvernements doivent coopérer pour revigorer les économies, accroître l’investissement public, promouvoir le commerce et faire en sorte que les individus et communautés affectés par la maladie soient soutenus».

Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment averti que la gravité du ralentissement de l’économie mondiale dû à la pandémie liée au coronavirus dépendrait de la durée de celle-ci et des réponses apportées par les gouvernements. Des instituts économiques privées ont évoqué la possibilité d’un fort déclin des économies américaine et mondiale, pouvant déboucher sur une récession mondiale.
R. I.