Iran : la contestation sociale contre l’augmentation du prix de l’essence bascule vers la violence

0
56

La contestation que connait l’Iran depuis vendredi dernier au lendemain de l’annonce surprise par le gouvernement d’une hausse des prix de l’essence ne s’est pas calmée durant la journée de mardi, trois agents des forces de l’ordre ayant été tués à l’arme blanche par des «émeutiers» près de Téhéran.

Une des victimes, identifiée comme Mortéza Ebrahimi était un officier des Gardiens de la Révolution, et les deux autres, Majid Cheikhi et Mostafa Rézaï, membres du Bassidj, corps de volontaires, selon des médias iraniens. Six autres personnes au moins ont été tuées, selon des informations publiées par diverses agences iraniennes, généralement sans source ni beaucoup de détails.

Des citoyens protestent depuis vendredi dernier contre une augmentation de 50 pour cent des prix des carburants. L’Iran est l’un des principaux producteurs de pétrole au monde, ce qui fait que l’essence y était jusqu’à présent relativement abordable.

Les autorités iraniennes avaient dores et déjà averti, dimanche, qu’elles ne toléreraient pas l’«insécurité», après deux jours de manifestations violentes contre une hausse soudaine du prix de l’essence ayant fait au moins deux morts et ayant poussé Téhéran à couper l’accès à internet.

Depuis le début de la contestation, vendredi soir, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, selon des informations de la presse iranienne. L’agence Isna faisait état d’un retour à la normale mais la situation restait très difficile à évaluer.

En conseil des ministres, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que l’Etat, face à «l’émeute» ne devait «pas autoriser l’insécurité dans la société», selon un communiqué officiel publié dimanche soir.

Le retrait unilatéral des Etats-Unis, en 2018, de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, et le rétablissement dans la foulée de lourdes sanctions contre Téhéran ont plongé l’économie iranienne dans une violente récession.

Le Fonds monétaire international estime que le PIB de l’Iran devrait chuter de 9,5% cette année après un recul de 4,8% en 2018. L’inflation, entraînée par la chute du rial face aux grandes devises d’échange, atteint officiellement 40%.

Selon le plan annoncé par le gouvernement, le prix de l’essence, très subventionnée en Iran, doit augmenter de 50% à 15.000 rials (11 centimes d’euros) pour les 60 premiers litres achetés chaque mois, et de 300% au-delà.
R. I.