Vague de dénonciation face à la domiciliation de la CAN de futsal à Laâouyne occupée

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Plusieurs pays et organisations ont dénoncé la persistance du Maroc à organiser la Coupe d’Afrique des nations 2020 de futsal dans la ville sahraouie occupée de Laâyoune, s’opposant vigoureusement à une démarche qui ignore la légalité internationale et les résolutions onusiennes relatives au règlement du conflit au Sahara occidental.

n réaction à la persistance du Maroc, puissance occupante, à maintenir cette compétition continentale à Laâyoune occupée, la Fédération sud-africaine de football (SAFA) a annoncé le retrait de son équipe nationale de ce rendez-vous continental, alors que l’Algérie, à travers sa fédération de football (FAF), a dénoncé cette domiciliation auprès de la Confédération africaine de football (CAF), exprimant également son entière «opposition».

Pour la fédération sud-africaine, «la SAFA a décidé de déclarer forfait (…) car le Maroc persiste à organiser le tournoi à Laâyoune, qui se situe dans le Sahara occidental occupé», a indiqué un communiqué de la Fédération, tout en se disant «conscients du risque d’amende qu’inflige la CAF et d’autres répercussions faisant suite à notre décision».

«Le Maroc reste une puissance occupante au Sahara occidental, illégalement, et le gouvernement sud-africain ne reconnaît jamais la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental». Cité par des médias, le président de la SAFA, Danny Jordaan, a rappelé «la position claire» de son pays, en indiquant que les équipes sud-africaines «pourraient être présentes dans le championnat et jouer sur le sol marocain dans n’importe quelle ville, mais, a-t-il insisté, nous n’accepterons pas cela sur des terres occupées comme la ville de Laâyoune».

Pour sa part, la Fédération algérienne de football a adressé une lettre au président de la CAF dans laquelle elle «dénonce et s’oppose» à la domiciliation de la CAN de futsal 2020 (28 janvier – 7 février) par le Maroc dans la ville sahraouie occupée de Laâyoune.

La FAF a appelé la CAF à reconsidérer la domiciliation de cet événement dans cette ville occupée par le Maroc, et à suivre la voie de la légalité internationale, qui lève toute équivoque sur la nature du conflit au Sahara Occidental dont le dossier est traité par les organes de l’ONU comme «une question de décolonisation».

«La CAF a toujours été aux avant-postes des valeurs universelles et avait vaillamment lutté contre toute forme de colonisation, à commencer par le régime de l’apartheid en Afrique du Sud», a rappelé la FAF, considérant cette décision, à «connotation politique», prône «la division au sein de la famille de la CAF», instance continentale.

De son côté, le président du Comité olympique et sportif algérien (COA), Mustapha Berraf, contacté par le quotidien El Khabar, a apporté son soutien à la FAF dans sa démarche, disant «accorder une grande importance à cette affaire au niveau du COA. On fera tout ce qu’il y a lieu de faire».

Le dernier Congrès du Front Polisario, tenu en décembre 2019, a été l’occasion de rappeler la poursuite de la lutte du peuple sahraoui et l’apport décisif que pourrait apporter l’Union africaine (UA) à la libération des territoires occupés.

Simultanément, la forte présence des délégations étrangères à ce Congrès a reflété l’élan de solidarité internationale à la cause sahraouie, avec l’ambition de contribuer à l’effort de progresser vers une solution pacifique et constituer «un jalon dans le processus de paix».

En outre, une mobilisation accrue des ONG et des défenseurs des droits de l’Homme à travers le monde en soutien au peuple sahraoui dans sa lutte pour l’exercice de son droit à l’autodétermination, son indépendance et l’arrêt du pillage de ses ressources naturelles.

Les résolutions de l’ONU, la légalité internationale et les arrêts de justice, tels que ceux de la Cour de Justice européenne (CJUE) attestent que le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts, soulignant que le Maroc n’exerce aucune souveraineté sur le Sahara occidental où il n’est qu’une puissance militaire occupante, au moment où, également, aucun Etat dans le monde ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
R. S.